14 octobre 2012

NFL WEEK 6 - RETOUR SUR LE MATCH

Minnesota Vikings @ Washington Redskins (26-38)

Le trou noir
Photo credits : Minnesota Vikings
Depuis plusieurs semaines, les Vikings nous avaient habitué à gagner. Et mieux encore, ils nous avaient fait plaisir. Chose rare ces dernières saisons. Mais la série victorieuse a pris fin ce dimanche à Washington. Malgré un dernier baroud d'honneur, la franchise du Minnesota s'est inclinée. Pire encore, elle est passée à côté de son match.

Ou plutôt, elle a connu un trou noir fatal. Un passage à vide qui aura permis aux Redskins de revenir à leur hauteur, avant de les dépasser et de prendre le large. Les Vikings réduisaient l'écart grâce à des touchdowns de Michael Jenkins et Kyle Rudolph en fin de partie et revenaient à portée; mais RGIII scellait le sort de la rencontre et assommait définitivement les hommes de Leslie Frazier sur une course victorieuse de 78 yards. La dernière série offensive des Vikings, pour sauver l'honneur, aboutissait à un énième turnover de Christian Ponder, décidément maladroit et fébrile en cette fin d'après-midi.


Un jour sans

Dans la continuité de sa performance de la semaine passée, Christian Ponder a perdu la précision et l'assurance qui avaient fait sa force jusque là. Lançant deux interceptions, dont l'une retournée dans la end zone par l'ancien Vikings Madieu Williams, et laissant échapper le ballon une fois, les erreurs du quarterback ont coûté cher aux Purple & Gold. Et contrairement à la semaine passée face aux Titans, non seulement Ponder n'est pas parvenu à revenir dans le match; mais en plus, les Redskins de Robert Griffin III ont su, eux, profiter de ces changements de possession pour rattraper leur retard puis accroître leur avance.

Photo credits : Minnesota Vikings
Paradoxalement, l'ancien passeur des Seminoles de Florida State a réalisé l'un des matchs les plus prolifiques de sa jeune carrière. Ses 352 yards lancés constituent sa deuxième meilleure performance en NFL. Il a également dépassé son plus grand nombre de passes tentées et complétées (25/52). Ajoutez à cela deux touchdowns en fin de match, dans une tentative désespérée de comeback. Des chiffres qui s'expliquent par la physionomie de la partie. Menés tout au long de la seconde période, les Vikings ont rapidement délaissé leur jeu au sol pour privilégier les passes de leur quarterback. Si la ligne statistique n'est pas si mauvaise que ça, le problème majeur de la performance de Christian Ponder, au-delà des ses turnovers, a été son incapacité à trouver le chemin de la end zone sur les trois premières séries offensives de la rencontre.

Auteurs d'un début de match canon, concrétisé par plusieurs stops et un changement de possession, les Vikings ont, à trois reprises, calé dans la redzone, devant se contenter de trois field goals de Blair Walsh (4/4). Bien maigre récompense pour les efforts fournis, notamment par la défense, et qui allait coûter très cher lors des deux quart temps suivants.

Entre mauvaises décisions et lancés imprécis, Christian Ponder n'a pas vraiment brillé. Il faut dire qu'il n'a pas véritablement été aidé par sa ligne. Sacké à quatre reprises et percuté neuf fois, le passeur des Vikings a été pour le moins mis sous pression par le pass rush agressif des Redskins. Pris dans l'étau de la défense de Washington, le quarterback des Violets allait commettre plusieurs erreurs fatales dans un second quart temps où les hommes de Leslie Frazier se sont complètement effondrés, laissant les coéquipiers de RGIII prendre le match en main pour ne jamais le lâcher. Un trou noir fatal. Les Vikings allaient regretter leurs trois échecs dans la redzone.


Percy et AP au rendez-vous

Photo credits : Minnesota Vikings
Dans une rencontre bien morose et décevante, deux rayons de soleil : Percy Harvin et Adrian Peterson

Ça va devenir le refrain de la saison, le joueur gadget des Vikings a une nouvelle fois été omniprésent. Auteur des sa deuxième meilleure performance en carrière (11 réceptions, 133 yards) l'ancienne mobylette des Gators de Florida continue d'enchaîner des prestations de haut niveau et fait étalage, match après match, de ses qualités de receveur. Avec ses 11 « catches » ce dimanche, Percy Harvin mène désormais la ligue au nombre de réceptions (49).

Adrian Peterson, qui retrouvait le stade où il s'était déchiré les deux ligaments en décembre dernier, a poursuivi sur la lancée de son bon début de saison et livré une partie solide au sol (17 courses, 79 yards, 4.9 yards par porté). Mais ce qui retient le plus l'attention dans sa performance, c'est son implication grandissante dans le jeu à la passe de l'escouade du coordinateur offensif Bill Musgrave. AP a été visé à huit reprises, pour sept réceptions et 50 yards. Rarement utilisé en tant que receveur depuis plusieurs saisons car jugé trop peu fiable, l'ancien coureur des Sooners d'Oklahoma est de plus en plus sollicité par Ponder, notamment comme solution de secours, et a fait preuve d'une concentration et d'une adresse qui devraient donner des idées au staff des Vikings pour les rencontres à venir.

Du côté des autres joueurs, Kyle Rudolph (6 réceptions, 56 yards) y est allé de son petit touchdown hebdomadaire, le cinquième cette saison; Michael Jenkins (6 réceptions, 67 yards et un TD), quant à lui, à livré une rencontre solide et s'est révélé être un bon point d'appui pour Christian Ponder.

Si les statistiques individuelles sont plutôt bonnes, elles ne doivent pas masquer l'incapacité de l'attaque des Vikings à faire avancer le ballon de façon constante tout au long de la partie ainsi qu'à mener les drives jusqu'au bout. Dans un deuxième quart temps cauchemardesque, le manque de rythme de l'attaque et les turnovers allaient obliger la défense à passer du temps sur le terrain. Beaucoup trop de temps.


La défense cale
Photo credits : Minnesota Vikings

Si au final les Vikings (31:32) auront tenu le ballon davantage que les Redskins (28:28), la défense aura craqué au cours d'un deuxième quart désastreux. Concédant 14 points en 13 secondes, l'escouade défensive aura payé cher le manque d'efficacité et les pertes de balle de l'attaque (deux punts et une interception). Ésoufflée et prise de vitesse, la fin de première période aura été fatale, non seulement, à la défensive, mais aussi, à tout le reste de l'équipe. Les Vikings allaient devoir courir après le score.  

Pourtant, dans le sillage d'un Antoine Winfield en grande forme (10 plaquages, une passe défendue et une interception) la défense démarrait tambour battant. Les coéquipiers du cornerback vétéran bloquaient puis interceptaient RGIII & Co, mettant l'escouade offensive en bonne position pour prendre le score et creuser l'écart. Mais on connait l'histoire. Les Vikings n'allaient inscrire que neuf petits points...

Photo credits : Minnesota Vikings
Profitant de l'inefficacité des hommes de Leslie Frazier et bien protégé par sa ligne offensive, le Heisman Trophy 2012 allait rapidement se ressaisir et remettre son équipe en selle. Bien aidé par un autre rookie, le coureur Alfred Morris, l'ancien quarterback de Baylor allait prendre l'ascendant sur une défense visiblement en panne et émoussée en cette fin d'après-midi.

En panne à l'image de son pass rush. Auteur d'un seul sack, de l'inévitable Jared Allen, le « front four » allait butter contre la poche de protection de Robert Griffin III ne le mettant sous pression que trop rarement et le laissant dans un fauteuil pour driver son attaque.

Si la défense n'a concédé que 182 yards à la passe, elle a montré des signes de faiblesse inhabituels au sol, accordant 183 yards au running back et au « scrambling » quarterback des Redskins. A l'image de l'escouade offensive des Vikings et comme pour mieux souligner la faillite collective, la défense des Violets a pêché dans la redzone offrant trois touchdowns aux Burgundy & Gold. Pour la première fois de la saison la franchise du Minnesota a concédé plus de 23 points à l'attaque adverse. Espérons que cela ne se répétera pas. 


Objectif Cardinals 

Après une série victorieuse et un début de saison de rêve, le retour sur terre est difficile. La défaite est nette mais reste profondément frustrante. Pourquoi? Car elle s'est jouée sur des détails. Sur l'efficacité dans la redzone. Trois voyages dans les 20 yards des Redskins lors des trois premières séries offensives et pas un seul touchdown. Il aurait suffit de trouver la endzone rien qu'une fois pour donner à cette rencontre une toute autre tournure. En faisant preuve de maladresse dans la zone de vérité, les Vikings se sont tiré une balle dans le pied et ont laissé échapper une rencontre largement à leur portée. 

Photo credits : Minnesota Vikings
La défaite est décevante certes, mais malgré les erreurs, les Violets on également démontré, en fin de partie, qu'ils pouvaient contrôler le ballon et le faire avancer avec rythme. De quoi rassurer et laisser espérer que de petits ajustement seront suffisants pour retrouver le chemin de la victoire.

Le manque de réussite des Vikings aux abords de l'en-but n'est pas vraiment une nouveauté. C'est d'ailleurs ce qui avait, entre autre, coûté la victoire à Indianapolis. Ponder et ses coéquipier savent sur quoi ils devront travailler dans les semaines à venir. Les deux clés de la suite de la saison seront l'efficacité dans la redzone et la constance tout au long de la rencontre, à l'image de ce qu'ils avaient proposé contres les 49ers. Les 17 points sans réponse encaissés dans le second quart temps ont du faire bouillir Leslie Frazier.

Cette efficacité et cette régularité, ils devront les retrouver dès dimanche prochain au Metrodome contre les Cardinals de l'Arizona dans une rencontre déterminante. Face à une équipe qui reste sur deux revers consécutifs après un départ canon, la franchise du Minnesota aura l'occasion de montrer que la défaite de ce dimanche n'était qu'un faux pas et que le bon début de saison des Vikings n'était pas qu'un feu de paille.

Pour rassurer, ils devront non seulement s'imposer, mais également y mettre la manière.

Skol Vikings!


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